Le reçu fiscal est la pièce qui justifie la réduction d’impôt. Il n’est ni émis par l’entreprise, ni par l’intermédiaire : il vient de l’association bénéficiaire. Et il ne suffit pas à lui seul.
Qui l’émet
Le reçu fiscal est émis par l’organisme bénéficiaire, lorsqu’il est éligible au mécénat. Il atteste la réception du don. Le modèle administratif est le CERFA « reçu au titre des dons à certains organismes d’intérêt général » (n° 11580), utilisable aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises.
Valorise Dons n’émet aucun reçu fiscal et n’en délivre jamais au nom d’une association : nous agissons comme intermédiaire opérationnel, en garantissant le cadre et la traçabilité de l’opération.
Ce que le reçu atteste — et ce qu’il n’atteste pas
Le reçu atteste que l’organisme a bien reçu le don. Il ne valide pas la valorisation. C’est la distinction la plus mal comprise du mécénat en nature, et la plus lourde de conséquences : en cas de contrôle, l’administration n’interroge pas l’association sur le montant, elle interroge l’entreprise.
La responsabilité du montant déclaré incombe exclusivement à l’entreprise donatrice. L’administration vérifie la base de calcul retenue, sa cohérence économique et sa conformité aux textes.
Les mentions attendues
Un reçu exploitable identifie sans ambiguïté :
- l’organisme bénéficiaire — dénomination, adresse, objet, et le fondement de son éligibilité ;
- le donateur — dénomination sociale, adresse, SIREN ;
- la date et la forme du don — ici, don en nature ;
- la description des biens reçus ;
- le montant retenu ;
- la signature d’une personne habilitée.
Pour un don en nature, la description des biens compte autant que le montant : c’est elle qui permet de rapprocher le reçu de votre inventaire.
Les pièces qui doivent l’accompagner
Le reçu seul ne constitue pas un dossier. Conservez avec lui :
- l’inventaire détaillé — référence, quantité, état, valeur unitaire ;
- la méthode de valorisation et ses justificatifs comptables (coût de revient) ;
- la convention de don ;
- le bon d’enlèvement ou de livraison signé ;
- la preuve d’éligibilité du bénéficiaire.
Ces cinq pièces, rapprochées du reçu, forment un dossier qui se défend seul.
Erreurs fréquentes
- Un reçu au prix de vente public pour des biens issus des stocks. La base attendue est le coût de revient (BOI-BIC-RICI-20-30-20, § 60 et 70).
- Un reçu sans description des biens, impossible à rapprocher d’un inventaire.
- Un reçu émis par un organisme non éligible — le contrôle d’éligibilité se fait avant l’enlèvement, pas après.
- Un reçu demandé six mois après, quand l’interlocuteur associatif a changé.
Et après : la déclaration
La réduction se porte sur le formulaire de réductions et crédits d’impôt joint à la liasse fiscale. Au-delà de 10 000 € de dons sur l’exercice, l’entreprise déclare en plus le montant et l’identité des bénéficiaires. Le détail des taux et plafonds figure dans notre article sur l’article 238 bis.
Questions fréquentes
L’association refuse d’émettre un reçu : que faire ?
Un organisme peut ne pas être éligible, ou ne pas vouloir engager sa responsabilité. C’est pourquoi l’éligibilité se vérifie avant l’enlèvement : une fois les biens partis, l’entreprise n’a plus de levier.
Peut-on recevoir un reçu global pour plusieurs enlèvements ?
Oui, à condition que la description des biens permette de rapprocher chaque ligne d’un inventaire et d’un bon d’enlèvement.
Combien de temps conserver ces pièces ?
Alignez-vous sur le délai de conservation des pièces comptables et le délai de reprise de l’administration : six ans est la règle de prudence retenue par la plupart des directions financières.