Un stock qui ne bouge plus finit toujours par sortir. La seule question est de savoir par quelle porte. Trois sorties existent, elles n’ont ni le même coût, ni le même risque, ni les mêmes effets de bord commerciaux.
Ce que coûte l’immobilisme
Avant de comparer les sorties, il faut chiffrer le statu quo. Un stock dormant consomme : surface d’entreposage, manutention et inventaires, assurance, immobilisation de trésorerie, et une dépréciation comptable qui pèse sur le résultat. Dans la plupart des dossiers que nous traitons, le coût annuel de détention d’une palette dormante dépasse largement ce que son écoulement rapporterait.
Autrement dit : conserver n’est pas une décision neutre, c’est la plus chère des trois.
Le déstockage
Ce que c’est : vendre à un soldeur, un déstockeur ou une plateforme spécialisée, à une fraction du prix catalogue.
Ce que ça rapporte : une rentrée de trésorerie immédiate, généralement entre 5 et 25 % du prix de vente public selon la catégorie.
Ce que ça coûte : le risque de retrouver vos produits sur un canal parallèle, à côté de votre réseau officiel, parfois à un prix qui abîme votre positionnement. Pour une marque, c’est l’inconvénient majeur, et il est durable.
Quand c’est le bon choix : volumes importants de produits génériques, non marqués, sans enjeu d’image.
La destruction
Ce que c’est : l’élimination, avec bordereau de suivi de déchets.
Ce que ça rapporte : rien. C’est une charge nette — transport, traitement, parfois broyage sous constat.
Ce que ça coûte : en plus de la facture, un risque réglementaire désormais réel. Pour les produits non alimentaires neufs invendus, la loi AGEC interdit la destruction lorsqu’une solution de réemploi, de réutilisation ou de don est possible.
Quand c’est le bon choix : uniquement quand une exception s’applique — risque sanitaire ou de sécurité, non-conformité réglementaire, impossibilité technique avérée. Et dans ce cas, documentez l’exception.
Le don encadré
Ce que c’est : transférer les biens à un organisme d’intérêt général éligible, avec convention, traçabilité et reçu fiscal.
Ce que ça rapporte : une réduction d’impôt de 60 % de la valeur retenue (coût de revient pour les biens en stocks), dans la limite de 20 000 € ou 0,5 % du CA HT. Plus un actif RSE réel, mesurable et opposable.
Ce que ça coûte : la logistique d’enlèvement et le travail de cadrage. C’est précisément ce que nous prenons en charge.
Ce que ça protège : votre réseau de distribution. Les produits partent vers des bénéficiaires associatifs, pas vers un canal concurrent du vôtre.
Le comparatif, en un coup d’œil
| Déstockage | Destruction | Don encadré | |
|---|---|---|---|
| Effet trésorerie | Recette faible | Charge | Réduction d’impôt 60 % |
| Risque d’image | Élevé (canal parallèle) | Faible | Positif |
| Conformité AGEC | Oui | Non, sauf exception | Oui |
| Valeur RSE | Nulle | Négative | Mesurable |
| Charge de cadrage | Faible | Faible | Réelle — externalisable |
La règle de décision que nous appliquons
Trois questions, dans cet ordre :
- Le produit est-il conforme et sûr ? Si non, il ne doit ni être vendu ni être donné : la destruction s’impose, et l’exception se documente.
- Le produit porte-t-il votre marque ? Si oui, le déstockage expose votre réseau ; le don protège votre positionnement.
- Le plafond fiscal est-il déjà atteint ? Si oui, l’excédent se reporte cinq ans — le don reste rentable, simplement différé.
Dans la très grande majorité des cas que nous instruisons, le don sort devant, et pas pour des raisons morales : parce qu’il est la seule issue qui rapporte, protège le réseau et sécurise la conformité en même temps.
Questions fréquentes
Peut-on combiner déstockage et don sur un même lot ?
Oui, et c’est fréquent. Les références génériques partent au déstockage, les produits marqués au don. La seule exigence est de documenter séparément les deux flux.
Le don est-il intéressant si l’entreprise ne paie pas d’impôt cette année ?
Oui : la réduction non imputée se reporte sur les cinq exercices suivants. S’y ajoutent l’économie de coût de détention et de destruction, immédiates elles.
Combien de temps prend un enlèvement ?
Cela dépend du volume et de la catégorie de produits. L’étape qui conditionne tout est la recherche d’un bénéficiaire éligible capable d’absorber le volume : c’est le cœur de notre travail.